Nous
ne développerons pas les traitements classiques, bien connus de chacun.
Citons :-
Le repos absolu, relatif, modification de l’entraînement
-
Le glaçage
-
Les
Anti-inflammatoires locaux
-
Les AINS, voire la
corticothérapie par vois générale
-
Les traitements
Kiné, en particulier : MTP, ultra-sons, électrothérapie,
rééducation, étirements
-
La mésothérapie,
quasi admis dans les protocoles classiques
-
La talonnette
amortissante, les semelles correctrices
-
La correction d’un
désordre métabolique, les règles hygiéno-diètétiques
-
L’élimination d’une
cause iatrogène (fluoroquinolones, statines…)
C’est
La LASERTHERAPIE, et plus précisément de Laser CO2 qu’il s’agit dans
notre propos.
Cette technique est utilisée depuis maintenant 17
ans, et bien qu’elle soit très peu développée, et même décriée, elle
mérite toute notre attention.
La mauvaise réputation du LASER s’est basée sur
un certain type d’appareils, dits soft-laser vendus dans les années 85-90.
Sa définition est comprise dans le mot Laser :
Lumière
Amplifiée
par Stimulation
d’une
Emission
de Radiations
C’est
une lumière ayant 3 caractéristiques essentielles :
Monochromaticité,
Cohérence, Directivité
Le
Laser est composé schématiquement de 3 éléments :
-
Une cavité de
résonance (un tube en verre fermé à chaque extrémité par miroir dont l’un
est semi-transparent, permettant ainsi la sortie du rayon.
-
Un milieu actif (gaz,
solide, ou liquide)
-
Un dispositif de
pompage (électrique, optique)
A chaque milieu actif correspond une longueur d’onde.

LES EFFETS BIOLOGIQUES DU LASER :
Sont
fonction de la longueur d’onde, de la puissance ; et du mode continu ou
pulsée de l’émission.
3 TYPES DE LASERS SONT UTILISES
EN THÉRAPEUTIQUE :
Le
Laser Hélium-Néon (HeNe) émet
dans le rouge, à très faible puissance, quelques mW avec une pénétration d’environ
20-30 mm.
Les
Lasers à diode infrarouge (AsGa),
émettant dans l’invisible entre 800 et 1100 nm, ont à peu près la même
pénétration que l’HeNe, ont une action antalgique et modérément
anti-inflammatoire.
Ils
ont un certain intérêt dans la pathologie fraîche bénigne, lorsque leur
puissance atteint au moins 3-4W.
Ces 2 types de Lasers sont des « soft-lasers ».
Le
Laser CO2 est un laser chirurgical
(chirurgie ORL, dermato, gynéco). Il est transformé en laser thérapeutique
par un système de dispersion par des miroirs créant un balayage.
Sa
longueur d’onde est de 10600 nm (IR lointain, invisible), sa pénétration n’est
que de 2mm, mais sa puissance peut atteindre 50W en application
thérapeutique. Il est utilisé en France depuis 1983, dans le domaine
rhumatologie et de la traumatologie.
Ses
actions :
-
Antalgique
-
Anti-inflammatoire
-
Décontracturante
-
Régénératrice
-
Défibrosante
Font
tout son intérêt dans le traitement des pathologies musculo-tendineuses
chroniques.
300 CAS DE TENDINITES D’ACHILLE ont été traitées en mono thérapie Laser CO2 exclusive.
Cette
étude à été présentée aux journées de Médecine du Sport des entretiens
de Bichat.
Nous
avons utilisé un Laser CO2 à balayage de 30 W, émettant en continu ou en
pulsé suivant des fréquences variables de 50 à 500 Hz ; couplé à un
Laser HeNe de 3 mW pour le rendre visible. Ont peu également employer une
pièce à main, qui amène le rayon ponctuellement jusqu’à la zone cible.
Protocole :
10 mn d’exposition
3 fois par semaine, pour les tendinites fraîches, récentes
2 fois par semaine pour les tendinites chroniques
au total 5 à 15 séances, soit 10 jours à 8 semaines de traitement.
Le recul minimum pour juger des résultats était de 3 mois.
Résultats en 3 catégories :
TB très bon
résultats : disparition de la douleur, reprise de l’activité sportive
au niveau antérieur
B, bons résultats :
reprise normale, persistance d’une douleur de dérouillage, et ou d’une
douleur à la palpation, et ou d’un nodule.
N ou I, nuls ou
Insuffisants : pas de reprise sportive possible même s’il existe une
amélioration dans la vie courante.


TB :
81
N ou I :
24
Soit 143 B et TB : 85 % de
succès.
43
des 95 nodules ont totalement disparus au cours ou au décours immédiat du
traitement.
122
cas étaient des échecs des traitements habituels que nous avons évoqués
plus haut, avec une moyenne de 7 mois d’ancienneté. L’effet est rémanent
sur 4 à 8 semaines, sans traitement associé, et avec une reprise progressive
de l’entraînement.
TB :
27
B :
12
N ou I :
7
Soit 39 B et TB : 85 % de succès
L’ancienneté moyenne est de 3 mois, avec un nombre moyen de 7,8 séances en 3 à 4 semaines
TB :
39
B :
13
N ou I :
16
Soit 52 B et TB : 76 % de succès.
Ces
résultats, inférieurs aux précédents, semblent en fait optimisés
actuellement avec l’utilisation de la pièce à main depuis 1996, en
travaillant plus ponctuellement sur la zone douloureuse.
TB :
10
B : 4
N ou I : 5
Soit 14 B et TB : soit 65 %
de succès
Ce chapitre est un peu bâtard, puisqu’il regroupe les cas de récidive nodulaire. Les bursites ou enthésopathies secondaires après peignage, pour lesquels les résultats sont équivalents aux chapitres qui s’y rapportent : dans les algodystrophies le Laser est peu efficace en phase aiguë ; l’intérêt spectaculaire du Laser CO2 se situe dans les cas de fibroses et d’adhérences cicatricielles, même à distance de l’intervention. (plusieurs années).
A
citer, les atrophies post-cortisoniques, avec dépigmentation, après
infiltration d’une bursite, qui régénère en quelques 3 à 5 Séances.
PRÉCAUTIONS D’EMPLOI :
C’est
un Laser de forte puissance, les dangers de brûlure sont réels,
particulièrement lors de l’utilisation de la pièce à main. Utilisé
normalement, le Laser CO2 provoque
une chaleur agréable et l’antalgie existe dès la fin de la séance.
Toutefois, si une brûlure est provoquée, elle reste superficielle du fait de
la très faible pénétration des rayons.
EFFET SECONDAIRE :
Le
seul effet secondaire indéniable est la recrudescence de la douleur, qui peut
apparaître autant dans les premières séances qu’en fin de traitement.
La
réponse est alors de 2 types :
-
espacer les séances
-
diminuer l’énergie
délivrée par séance, en diminuant le temps d’exposition, ou la puissance
utilisée.
On peut être amené à suspendre le traitement
Laser, il n’est pas rare alors d’observer dans les jours suivants une
amélioration notable que la poursuite des séances aurait compromise.
CONCLUSION :
Le Laser CO2
devrait faire partie de l’arsenal thérapeutique proposé dans les tendinites Achiléennes comme nous venons de l’exposer, mais également dans
toute
autre localisation dont les tendinites rotuliennes, qui feront l’objet de la
prochaine étude.
Malheureusement, l’image du Laser dans le milieu
médical, ternie par les déceptions des résultats des
« soft-lasers », fait que les fabricants de Laser CO2
français sont rarissimes, et les étrangers (Italiens pour la plupart) sont
peu enclins à investir le marché Français.
Aujourd’hui, moins de 10 appareils de ce type sont en service en France.
Docteur Tania Bellot
Centre Médical les 4 Temps