Le N° 48 de Décembre 2001, présentait l’intérêt du Laser CO2, dans le traitement des tendinites Achiléennes, en reprenant les conclusions d’une communication aux entretiens de Bichat 1994.
Aujourd’hui vous sont proposés 204 cas de tendinites rotuliennes traitées par le Laser CO2 en mono thérapie exclusive entre 1999 et 2001.
RAPPEL : Le Laser CO2 est un Laser thermique d’application chirurgical connu depuis de nombreuses années. Il est utilisé depuis 1984 en France dans son application thérapeutique, de façon beaucoup plus confidentielle.
Les autres Lasers Thérapeutiques plus répandus que sont les Lasers HeNe et Diode IR, dits « softs-Lasers » n’ont aucun effet thermique et un effet thérapeutique très limité, ils ont beaucoup déçus dans les années 85 – 90.
Malheureusement l’amalgame entre ces 2 types de Lasers totalement différents se fait encore à l’aube de ce 3ème millénaire.
Tableau
comparatif :
Les 2 premiers Lasers représentés sur le tableau sont des « softs-Lasers » ; leurs puissances moyennes ne dépassent pas quelques watts crête, et leurs pénétration tissulaire est de 15 à 35 mm.
Les 2 autres sont des lasers thermiques ; leurs puissances moyennes peuvent dépasser 100 W dans l’utilisation chirurgicale.
La pénétration tissulaire du NdYAG est équivalente à celle des « softs-Laser ».
Quant au Laser CO2, sa pénétration atteint à peine 2 mm.
En fait à la différence de l’effet recherché en chirurgie (effet photo thermique de vaporisation et de section), les autres effets biologiques du Laser sont non seulement fonction de la puissance, mais aussi de la capacité d’absorption de la longueur d’onde du rayon :
Plus le tissu absorbe, moins le Laser va pénétrer.
Le Laser CO2 :
Ses effets sont : Photo Thermiques
Photo Chimiques
Photo Electriques
Photo Mécaniques (particulièrement en mode pulsé)
Outre ses actions antalgique, anti-inflammatoire, anti- œdémateuse et décontracturante, ce sont surtout ses actions régénératrice et défibrosante qui en font l’intérêt majeur (BIOSTIMULATION)
L’ETUDE :
1)
Le Matériel
Nous avons utilisé un Laser CO2 à balayage de 30 W en mode continu, et 150 W crête en mode pulsé avec fréquences variables de 50 à 500 Hz, couplé à un Laser HeNe de 3 mW pour le rendre visible. Le rayon Laser est dirigé sur le site de traitement par l’intermédiaire d’un dispositif de balayage XY réglable en amplitude de manière à cerner précisément la surface. Une programmation temporisée permet de déterminer le temps d’exposition afin d’émettre des doses précises de rayonnement.
On peut également employer une pièce à main qui amène le rayon ponctuellement jusqu’à la zone cible.
2)
Le protocole
Le traitement nécessite 10 à 15 séances d’environ 8 à 10 minutes, à raison de 2 à 3 séances par semaine.
La séance n’est jamais douloureuse et procure au contraire une sensation de chaleur agréable.
3)
Classification des résultats
Résultats en 3 catégories :
TB très bon résultats : disparition de la douleur, reprise de l’activité sportive au niveau antérieur
B, bons résultats : reprise normale, persistance d’une douleur de dérouillage, et ou d’une douleur à la palpation, et ou d’un nodule.
N ou I, nuls ou Insuffisants : pas de reprise sportive possible même s’il existe une amélioration dans la vie courante.
Le recul minimum pour juger les résultats est de 6 mois.
4) Etude
des cas - Résultats
204 CAS étudiés entre 1996 et 2001
Sont exclus de l’étude : les perdus de vue et les cas où un autre traitement était associé
54 Sportifs de haut niveau (national ou international) sont concernés
(football, handball, volley-ball, danse, athlétisme, etc…)
TB 75
B 50 125 Soit 81 % de B et TB
14 Séances en moyenne ont été délivrées.
20 cas en 2 séries à 4-6 semaines d’intervalle : 6 B et TB
2 cas de reprise de Laser après échec d’un traitement Laser, puis chirurgie :
1 cas B, 15 mois après chirurgie
1 cas TB, 13 mois après chirurgie
TB 13
B 11 24 Soit 77 % de B et TB
N/I 7
le 3ème après 1 an : TB
14 Séances en moyenne ont été pratiquées
On note que dans ce cadre des tendinites « diffuses », 17 cas sont d’origine post-traumatique ou post-chirurgicale.
TB 11
B 6 17 Soit 85 % de B et TB
12 mois d’ancienneté moyenne
7 cas en 1ère intention
12 séances en moyenne
8 cas post-traumatiques ou post-chirurgicaux
a) Après chirurgie du tendon rotulien - 23 cas –
TB 5
B 6 11 Soit 48 % de B et TB
N/I 12
En moyenne 10,5 mois après intervention chirurgicale.
Si ce résultat peut paraître décevant en regard des résultats précédents, il ne faut pas omettre de souligner qu’il s’agit de patients qui ont tenté toutes les thérapeutiques classiques sans succès avant de se livrer au bistouri, et que celui-là même ne les a pas aidés.
b) Après chirurgie du LCA,
par transplant du tendon rotulien -11 cas –
B 6 10 Soit 91 % de B et TB
N/I 1 cas de conflit avec transplant réopéré
En moyenne 12 mois après intervention chirurgicale.
Cette étude ne concerne que 11 cas, mais il est clair que de par l’effet défibrosant du Laser CO2, c’est une remarquable indication de ce traitement.
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5) Remarques
Contre – indications : aucune
Le matériel chirurgical ne constitue pas une contre indication
Précautions d’emploi : C’est un Laser de forte puissance, les dangers de brûlure sont réels, particulièrement lors de l’utilisation de la pièce à main. Utilisé normalement, le Laser CO2 provoque une chaleur agréable et l’antalgie existe dès la fin de la séance. Toutefois, si une brûlure est provoquée, elle reste superficielle du fait de la très faible pénétration des rayons.
Limites : l’accessibilité et le coût représentaient jusqu’à présent une difficulté.
Actuellement, ces problèmes ne devraient plus en être.
Les associations à l’électrothérapie, aux ultras sons ne sont pas recommandées :
En effet, il semble qu’il y puisse y avoir « compétition » entre les actions induites par les différentes techniques de physiothérapie.
En revanche, l’association de la rééducation, des étirements, du travail excentrique, MTP, etc…avec le traitement Laser, optimisent les résultats.
18 ans d’expérience, une demande croissante du milieu médico-sportif, la rareté actuelle de l’appareil font que le recrutement des patients s’est orienté vers les cas les plus récalcitrants aux traitements plus classiques.
Il ne faut pas omettre de préciser que le Laser CO2 à également tout son intérêt dans la pathologie bénigne récente du sportif.
Cette technique devra faire partie elle-même de l’arsenal thérapeutique classique.